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Le Tournoi des 6 Nations, c'est maintenant !

Le groupe des 31 joueurs sélectionnés par Guy Novès se retrouve à Marcoussis en vue de préparer les premiers matches du Tournoi à Paris : Italie le 6 Février, puis Irlande le 13. Allez les Bleus !

C'est le mercredi 27 janvier, à Londres, qu'à été donné le coup d'envoi médiatique du RBS 6 Nations, dans le quartier de Fulham et le cadre fort agréable du Club Hurlingham, bordant la Tamise. Un Club "So British", fier de ses traditions, où les membres peuvent  réserver pour une partie de croquet! Ce n'est pas de ce sport quelque peu confidentiel, qui est à l'Angleterre ce que le curling est à la Suisse, dont il était question. Mais bien de rugby, avec les conférences de presse des organisateurs, des capitaines et des entraîneurs des 6 équipes qui se disputent cette compétition historique, pleine de traditions et d'émotions.  

Chez les entraîneurs, il y a les habitués, Warren Gatland pour Galles, Joe Schmidt pour l'Irlande, Vern Cotter pour l'Ecosse (tous Néo-Zélandais!), ainsi que Jacques Brunel qui effectue sa dernière saison avec l'Italie. Et les nouveaux, dont c'était le baptême du feu médiatique :

Eddie Jones pour l'Angleterre, Australien d'origine, qui a précédemment transformé l'équipe du Japon, révélation de la Coupe du Monde avec son exploit historique contre l'Afrique du Sud. Et bien sûr Guy Novès, l'entraîneur le plus titré de l'histoire du rugby avec le Stade Toulousain, qui est à la tête des Bleus depuis le 1er novembre dernier.

Si l'exercice de la conférence de presse est assez convenu, les coaches et capitaines "habitués" adoptant un langage plutôt lisse, Jones et Novès ont apporté une touche de fraîcheur et d'humour bienvenus. Les deux ont d'abord en commun de prendre les rênes de leur équipe nationale après une coupe du monde catastrophique : élimination dès la phase de poule pour les Anglais, qui étaient pourtant la nation hôte; élimination en quarts pour les Français, ridiculisés par les All Blacks sur le score de 62-13. 

Ils partagent  également une volonté affichée de changer les mentalités. Pour Jones, il y a une grande différence entre "jouer pour l' Angleterre et gagner pour l' Angleterre"; pour Novès, "les joueurs ne doivent pas être sur le terrain pour prendre du plaisir, mais pour donner du plaisir". Fierté de représenter la nation, volonté de mouiller le maillot, prime absolue donnée au collectif, sont des slogans que les joueurs retrouveront des deux côtés de la Manche. 

Les deux attaqueront la compétition avec un nouveau capitaine, et c'est à chaque fois le talonneur qui a été choisi pour porter le brassard. Mais la où la nomination de Guilhem Guirado fait l'unanimité, celle de Dylan Hartley fait polémique. Ce joueur rugueux avait été écarté de la Coupe du Monde précédente pour ses excès. Avec déjà 56 semaines de suspension dans sa carrière, les tabloïds se demandent s'il saura s'assagir !

Mais il y a un point sur lequel Novés et Jones divergent complètement, en apparence du moins : le projet de jeu. Jones veut revenir au jeu d'avant, au triptyque conquête, occupation, défense, qui a permis à l'Angleterre d'être championne du monde en 2003 en battant en finale l'Australie (qui était entraînée...par Jones). Novès, s'il insiste sur l'importance primordiale d'une conquête très solide pour assurer les lancements, souhaite par contre donner du volume et de l'ambition au jeu des Bleus. Et leur permettre de retrouver une capacité d'initiative afin d'exprimer au mieux leur potentiel, en leur donnant un "fil rouge" dans le projet de jeu qui constitue les repères essentiels, à partir duquel les joueurs pourront s'adapter aux situations du terrain. S'il y a bien contradiction sur le projet, il y a un parallèle sur le principe du retour aux racines historiques , à l'ADN des équipes nationales. Si l'équipe de France peut retrouver un peu du fameux "French Flair", qu'on n'a guère vu depuis l'époque de Skrela-Villepreux, avec les grands chelems de 97, 98, et la Coupe du Monde de 99, nous ne pouvons que nous en réjouir !

Enfin, Guy Novès dispose d'un mélange équilibré entre anciens expérimentés et jeunes prometteurs sur les 31 appelés à Marcoussis. Le choix se réduira à 23 pour le match France-Italie, avec 15 pour démarrer le match, mais nul doute que cette complémentarité, où l'entraîneur apprécie "l'insouciance de la jeunesse", se retrouvera dans l'équipe de départ et dans le coaching. Forza Francia!