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L’Orientalisme de Benjamin Constant illumine le Musée des Augustins

Le peintre Benjamin Constant n’est pas un personnage inconnu des Toulousains puisqu'on lui doit notamment "l'entrée d'Urbain II à Toulouse", ce tableau gigantesque qui orne l’un des murs de la salle des Illustres du Capitole.

Les Chérifas, 1884 - Benjamin Constant

Depuis le 4 octobre dernier, le musée des Augustins consacre à cet artiste une rétrospective exceptionnelle, la première qui lui est entièrement dédiée, dans un décor à la hauteur de ses œuvres. Sous les croisées d'ogives et entourée d'imposants piliers, l'exposition nous plonge dans un univers très particulier: celui de l'orientalisme. Ce mouvement, né au XIXème siècle, fait suite aux débuts de la colonisation et à la découverte plus poussée des contrées du Nord de l'Afrique. Deux étapes majeures dans l’histoire de l’art qui vont notamment permettre à de nombreux artistes français de partir sur les traces de grands califes, comme ce fut le cas de Benjamin Constant à Tanger.

Né à Paris, Benjamin Constant a grandi à Toulouse avant d’y poursuivre les études aux Beaux-Arts, ce qui lui a ensuite permis de participer à ses premiers concours régionaux.

À travers ses tableaux aux dimensions incroyables et aux couleurs profondes, les visiteurs de l'exposition ont accès à un monde mystérieux qui leur est souvent inconnu: celui des pays orientaux au XIXème. Ce qui frappe le spectateur au départ est sans nul doute la force de la lumière et le rendu qui en est donné par le travail du coloriste. La précision du trait qui s'attache aux détails ensuite, est un autre élément marquant de ses œuvres. Quant au choix de varier les encadrements afin que chacun corresponde à une toile en particulier, il contribue à animer de manière plaisante les tableaux de cette rétrospective.

 
▲ L'entrée d'Urbain II à Toulouse, 1900 (salle des Illustres au Capitole) |  ► Portrait de mes deux fils, 1899 (musée des Augustins)

De la représentation de personnages langoureux dans des scènes comme celles du harem aux portraits de personnalités célèbres de l'époque, l'exposition retrace à travers une scénographie très réussie le vaste éventail des réalisations du peintre. Elle illustre aussi son évolution, de ses débuts hésitants aux Beaux-Arts à sa consécration lors de commandes prestigieuses, comme celle qui lui fut faite par l'Hôtel de Ville à Paris.

Et pour permettre aux visiteurs de s’approprier les codes de ce monde exotique, les conservateurs ont ajouté un petit plus amusant: au bout de la salle se trouve une alcôve intimiste où l'on peut se déguiser à l’aide de djellabas et de petits chapeaux ou, pour ceux qui souhaitent en savoir plus, consulter des ouvrages sur le thème de l'orientalisme.

Les enfants ont, quant à eux, la possibilité de faire des dessins pour exprimer à leur manière ce que leur inspire l'exposition.

Benjamin Constant
Mirages et Merveilles de l’Orientalisme
Musée des Augustins, Toulouse